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Revue de presse ! Salut, Flav!

Crédit : Kevin J. Raftery, photographe LBJEQ

Le petit monde du baseball québécois a perdu son plus sympathique bougonneux, plus tôt cette semaine. Le président du Royal de Repentigny, Flavio Prata, s’est éteint à l’âge de 72 ans. Flav nous aura au moins laissé le temps de lui offrir un hommage bien senti, à la fin du mois de septembre au Parc Champigny.

Aujourd’hui, c’est à mon tour de lui dire merci. J’ai connu Flav en 2001, à l’âge de 11 ans. Je participais à un camp de jour organisé par le Royal de Repentigny. J’ai commencé à coller pas longtemps après. Après tout, des Mr. Freezes en cadeau à chaque fausse balle ramenée, c’est un bon deal.

Voyant mon intérêt pour l’équipe et mon amour pour le baseball, Flavio me demande à moi et mon pot Yan Sasseville, si on veut joindre l’équipe à titre de batboy. Bin Kin!

Flav nous demandait aussi de l’aider dans une couple de travaux. C’est en regardant son visage dans le casse-croute que Yan et moi avons constaté que nos talents de peintre faisaient défauts. Peut-être est-ce aussi quand il a constaté que nous avions échappé le pot de relish partout dans les couvertures servant à protéger le plancher de la peinture.

Malgré tout, ça a été le début d’une longue association avec le Royal.

Il nous manque un annonceur

Je vais toujours me rappeler cette journée. Je traîne au parc comme à l’habitude et environ 45 minutes avant le match, Flav constate que son annonceur maison n’y est pas. Dans le baseball junior élite, ça te prend un annonceur-maison, sinon, tu dois sortir le portefeuille.

Flav vient me voir et me dit avec son accent qui le caractérise. « Hey Daniel, j’ai pas d’annonceur à soir. Ça te tente tu? » Bin Kin!

Le match était contre les Cardinals de LaSalle. Pas trop à l’aise avec un micro et un peu intimidé, les partisans ne devaient pas parler trop fort s’ils voulaient entendre ma voix sortir des hauts parleurs. Même Isabelle, la marqueuse, assis à côté de moi, devait avoir de la difficulté à m’entendre.

Me suis dégêné par la suite. Marc-André Frrrrrrrrrrrrapier peut le confirmer. Après ce premier match à titre d’annonceur-maison, Flav m’a confié le micro lors des 3 saisons suivantes. Et il tenait à me payer!

Sans manquer de respect à personne, le Royal au milieu des années 2000 n’était pas exactement l’équipe qui a remporté des championnats au cours des années 2010. Le pauvre Flavio voyait souvent ces jeunes se faire varloper à qui mieux mieux. Quatre 4 victoires lors des 42 derniers matchs d’une saison, je vous confirme que ça se peut.

J’étais quasiment gêné d’aller demander 40$ à Flav après avoir annoncé une mornifle de 14-2. Je me doutais bien que Flav ne venait pas de payer son hypothèque avec un moitié-moitié de 43$. Mais il tenait à me payer : « Ça fait plaisir Daniel, c’est ta job! »

J’ai cessé d’annoncer à l’été de mes 18 ans. La Ripaille et le Skratch de Repentigny ont eu le dessus sur le parc Champigny.

J’ai toutefois retrouvé Flav une ou deux années plus tard, puisque je débutais dans le métier à titre de journaliste à L’Hebdo Rive Nord à Repentigny. On m’a donc affecté à la couverture du Royal. Soudainement, l’arrivée de quelques joueurs faisaient du Royal une bien meilleure équipe qu’à mes débuts comme annonceur. Si bien qu’à ma dernière saison sur le beat, Flav et son Royal ont savouré leur premier championnat. J’étais tellement content pour lui.

Le Casse-croute

Par un bel après-midi du mois de juillet, si vous aviez à venir à Champigny pour voir un peu de balle et que vous vouliez parler à Flavio. Vous saviez où le trouver. Au casse-croute, n’est-ce pas!

« Flavio était le président, mais il n’avait pas de titre. Son titre c’était le Royal. Il a joué, il a été entraîneur et il a été dirigeant. Sa priorité a tout le temps été que les jeunes puissent jouer au baseball. Ça fait une vingtaine d’année que je parle fréquemment à Flavio. On n’a pas toujours été d’accord, mais c’est toute une perte pour la LBJEQ », fait remarquer le président du circuit, Rodger Brulotte.

La famille Dostaler, impliquée dans le baseball repentignois depuis des lunes, a côtoyé la famille Prata comme peu d’autres familles. « Le fils de Flavio, Danny, jouait avec mon cousin dans le bantam AA et Flavio était l’entraîneur. Pour moi, c’était la grosse affaire, le bantam AA. J’ai ensuite côtoyé Flavio dans le junior élite comme joueur et avec des relations d’affaires par la suite », raconte Éric Dostaler.

Dostaler note aussi la générosité de Flavio : « Lorsqu’il était entraîneur, il organisait des pratiques en pleine journée durant la semaine. Il allait chercher et reconduire ses joueurs. Il ouvrait le restaurant du parc et faisait des frites pour tout le monde. Ce n’est pas tout le monde qui aurait fait ça. »

Pour Flav, le Royal était un mode de vie : « Il a dû passer plus de soirées à Champigny qu’à sa propre maison. Il était bien au parc. Il était dans ses affaires et ça lui permettait de passer du temps avec ses gars. »

Flav n’était pas de ceux qui courraient après les caméras. Il parkait sa caravane à côté de l’entrée – une fausse balle n’aurait pas vraiment endommagé l’auto plus qu’elle ne l’était – et il allait s’occuper de son casse-croute. Une paire de jogging et un t-shirt blanc faisaient l’affaire.

Il jasait à tout le monde. Il bougonnait un peu, changeait du français à l’anglais, mais retrouvait le sourire après avoir chialé un peu contre l’arbitre, la Ville qui n’avait pas nettoyé le terrain à son goût, ou le journal qui ne parlait pas assez de son Royal.

Pour moi, le Royal, le parc Champigny, le baseball à Repentigny, c’est beaucoup la famille Prata. Danny, Andrew, mené par Flav.

Il m’a donné une occasion d’être son annonceur-maison lorsque j’étais un ado à la voix aigu et maintenant, à 32 ans, je suis journaliste à RDS depuis neuf ans et je me souviens que tout ça à commencé lorsque je m’époumonais à annoncer Guillaume Fullum, Jean-François Rooney et Étienne Ratté-Delorme.

Lorsque j’irai m’assoir dans les estrades de béton vert et blanc qui donnent un mal de dos aux plus durs d’entre-nous, dans mon esprit, je serai au Stade Flavio-Prata.

Merci pour tout Flav, on s’occupe du casse-croute.

Article initialement paru le 22 octobre 2020
Revue de presse publiée par Jasmin Leroux, relationniste

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